Des cours de programmation très très simples

Il y a quelques semaines, une MamaTwitta me demandait si j’avais une référence d’un cours de programmation très TRÈS simple. On me fait régulièrement cette demande, alors je ne résiste pas à vous faire une synthèse, illustrée de captures d’écran.

Ajout : j’ai ajouté des liens sur les images pour qu’en cliquant vous puissiez voir la grande version. Et j’ai listé les liens à la fin.

Made With Code : Vice-Versa ou Star Wars comme des puzzles

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Made with Code, projet Vice-Versa : objectif du niveau 1

Google a lancé pour les filles et jeunes femmes « Made with code ». Il y a en ce moment un projet basé sur le personnage de Riley, dans le film Vice-Versa, qu’il faut faire avancer.
Cet outil utilise des blocks à agencer, tels des briques de Lego, pour construire un algorithme logique. Je vous rappelle que les élèves en école maternelle appliquent des algorithmes quand ils font une suite de gommettes sur une ligne en alternant 2 rouges et 1 jaune.

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Niveau 1 du projet Vice-Versa : zone de travail

Cela rappelle un outil connu pour apprendre la programmation. L’outil en question se nomme Scratch, destiné aux enfants qui savent lire, il convient à tous les débutants. Pour information, Scratch est un logiciel opensource, multi-plate-formes et dispo aussi en mode Web, développé par le MIT.

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Scratch, logiciel opensource, pour programmer en briques

Il existe un projet basé sur l’univers de Star Wars, avec le même genre d’outil pour programmer sur le site Studio Code.

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La vidéo de présentation du projet de jeu à coder sur Star Wars propose une interview de la productrice, c’est clairement à destination des filles.

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Objectif du premier puzzle

On reconnaît parfaitement l’interface de Scratch sur le projet Star Wars. Le projet est sous-titré « Constuire une galaxie en codant », tout un programme !

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Code Studio : interface de Scratch au service d’un jeu Star Wars

SilentTeacher : calme et intuition

Si vous aimez travailler de manière intuitive et loin du tumulte, je vous recommande Silent Teacher. Pour ceux qui aiment les interfaces épurées, c’est parfait. Le système d’apprentissage est par essai-erreur, jusqu’à ce que vous compreniez.

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Silent Teacher : zone de travail

C’est Toxicode qui produit Silent Teacher.

Code’N’Slash : construire des niveaux

Toxicode propose aussi un des nombreux jeux de programmation nommé Code’N’Slash. Il s’agit de construire des niveaux de jeux, type MMORPG.

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La documentation sur comment faire est présente, et puis on peut mettre en application tout de suite.

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Code’n’Slash : vue de travail

D’autres proposent de résoudre des niveaux de jeu. On fait avancer son personnage, ou ses vaisseaux, avec le code qu’on écrit. Évidemment le côté ludique donne un but à l’exercice assez facile à comprendre, et plutôt motivant. La difficulté est croissante, avec une certaine liberté. L’aspect communautaire est plus ou moins développé selon les sites, via des forums, et des salons de discussions.

Code Combat : avancer dans le donjon

Dans ce genre, on a Code Combat qui est un jeu d’exploration de donjon avec un thème médiéval-fantastique.

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Code Combat : choisir son personnage

J’ai apprécié qu’on puisse choisir son personnage, et surtout qu’on puisse prendre une femme. On débloquera d’autres personnages en avançant dans le jeu.

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Code Combat : choisir son langage de programmation

On peut également choisir son langage de programmation (Python, par défaut), ce qui permet de faire plusieurs essais, si vous avez envie de vous initier au Javascript ou au Lua.

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Notez qu’il est parfait à tester parce qu’on peut jouer en anonyme ou s’enregistrer.

Les niveaux ont un objectif précis, comme les projets de Made With Code dont je parle au début. C’est bien expliqué et les premiers niveaux sont très guidés, vous n’avez qu’à faire ce qui est demandé pour arriver au bout du niveau.

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Code Combat : vue d’un niveau

Codingame : progresser grâce aux robots

Si Code Combat est vraiment un jeu orienté débutant, avec plein d’indices et d’aide pour résoudre le niveau, la plate-forme Codingame propose une approche pour un développeur qui veut apprendre un nouveau langage de façon ludique.

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Donc même quand vous aurez terminé tous les autres sites, vous aurez encore possibilité de jouer à coder !

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Codingame : vue de travail

L’interface est complexe et avancée, et le principe est qu’on programme en validant des tests de bon fonctionnement.

Il existe 3 modes de jeu :

  • Puzzles (ce qui est l’équivalent de Made With Code)
  • Combats de bots (on programme un robot qui affronte les autres robots)
  • Clash in code (on programme en direct, et en multi-joueurs)

 

En effet, il faudra programmer pour gérer tout ce qui peut arriver à l’écran. Le tutoriel de départ est de réussir à tirer sur les ennemis qui s’approchent en tirant sur le plus proche à chaque fois.

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Codingame : le tutoriel

Voilà pour un rapide topo des jeux de programmations, dont j’ai connaissance, qui permettent d’apprendre, de façon ludique. J’ai apprécié qu’il y ait une attention portée sur les personnages féminins, pour encourager les filles à s’y mettre. Sachez que l’emploi est plutôt favorable aux développeurs 😉 !

Tous les liens

Si vous entamez un essai de ces cours de programmation, dites moi ce que vous en avez pensé !

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Nous sommes des menteuses de mères en filles.

Si vous avez réussi à échapper à cette lecture, voici le lien 🙂

Je suis déjantée, mais je me soigne (ou pas)

Le burn-out maternel est le mal du siècle, nous disent les journaux. Les mères sont de plus en plus fatiguées, épuisées, au bout du rouleau. Tout le monde le sait. Ce sont vos amies, vos soeurs, vos cousines, vos mères, vos collègues de travail. Personne ne bouge. « Mais les hommes aussi sont touchés » me dit-on. Ah oui? Vraiment? Les 3% qui prennent un congé parental? Et le pire c’est qu’on est CONTENT que des hommes soient touchés, parce que ça veut dire qu’on AVANCE dans la répartition des tâches. Non mais vous vous rendez compte??? On finit par SOUHAITER que des types soient mal, au bord de la dépression, à pleurer chaque jour de leur vie ou presque parce que ce serait signe de PROGRÈS SOCIAL. Miam le progrès.

Parmi ceux qui ne bougent pas, les pouvoirs publics tiennent le haut du pavé. Surme… quoi? Burn… quoi? D’abord la loi…

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Mary Poppins : Mrs Banks suffragette, c’est négatif pour le féminisme ?

En lisant ce billet sur Super Féministe : Walt Disney et Mary Poppins riment avec antisexisme, j’ai été d’accord et pas tout à fait d’accord.

Mrs Banks dans son costume de suffragette

Pour adorer ce film et l’avoir vu des dizaines de fois petite, c’est le moment où le boulet de canon est tiré et où les meubles bougent, ainsi que les moments clefs, quand ils sautent dans une image et se retrouvent « dans » l’image, et la course de chevaux de bois qui se détachent du manège qui m’ont marquée. Tout comme la chorégraphie des ramoneurs.
Le passage de la mère suffragette ne m’est apparu que quand j’avais 15 ans, en fait.

Oui, l’image de la suffragette est mauvaise, mais voilà ce que je trouve positif dans la présence de ce personnage :

  • elle montre une suffragette dans son contexte : le mari pas d’accord (elle ôte son écharpe quand il arrive), elle montre ses mollets et les autres femmes (société hétéro-centrée, donc les femmes n’éprouvent pas de désir pour les autres femmes) font « Ohlala » avec une mine épouvantée
  • la femme n’est pas collée à ses marmots (on est d’accord qu’il s’agit de déléguer…à une autre femme, parce qu’elle a de l’argent), donc exit le rôle de la mère maternante. La mère a ses propres activités.

Avec mes enfants, notamment le plus grand (4 ans), j’ai abordé le sujet rapidement, et je crois que voir ce personnage permet de parler des suffragettes.

Pour en savoir plus sur les suffragettes

[livre] Le ménage : La fée, la sorcière et l’homme nouveau, Christine Castelain Meunier

Ceusses qui me suivent sur Twitter doivent avoir compris depuis longtemps que je déteste les tâches ménagères pour leur côté « renforcement des stéréotypes de genre ». En réalité, j’ai des attentes d’hygiène assez élevées et j’aime vivre dans un environnement organisé.

Lors des rencontres des Vendredis Intellos 2013, j’avais, enthousiasmée par la conférence de Christine Castelain-Meunier, acheté le livre.

Pour le coup, le livre développe les thèses qu’elle soutient dans ses billets de blog, à savoir que le ménage n’est pas qu’un acte pour rendre son logement propre. On retrouve dans ce ménage des questions de transmission de mère en fille, et père en fils, en fait, avec de la continuité et de l’opposition. Le ménage est aussi un lieu d’expression de son pouvoir et de reproduction des dominations de genre.

Ce qui m’a interpellé dans ce livre c’est l’exemple de cette femme, mère, qui dira à sa fille qu’elle a pu mener carrière avec 6 enfants parce que sa belle-mère était sous son toit.
Ce qui m’a frappée aussi est de rappeler que les aides ménagères étaient bien moins coûteuses il y a 40 ans. Le côté positif que j’y vois est que les personnes qui font de l’aide ménagère gagnent mieux leur vie, et le côté négatif est que c’est réservé aux gens assez aisés de se payer une femme de ménage.

Un autre point intéressant pour mon côté féministe est le début de l’ouvrage qui rappelle que tenir un ménage, au départ, relevait d’une fonction assez prestigieuse que les femmes exerçaient chez elle. Elles étaient une sorte d’intendante-comptable à faire des choix pour que leur maison soit un foyer agréable (pour l’homme certes). Cette fonction de ménage est maintenant, en tous cas pour moi, quelque chose de dévalué, dont on ne tire pas grande gloire.

J’aimerais que mon mec lise ce livre, en fait.

Note :

  • Fémisnisme : 3/5 (on apprend des choses historiques et sociologiques sur le ménage)
  • Niveau de langage : 5/5 (c’est un livre facile à lire)
  • Intérêt : 4/5 (si le ménage vous tracasse, vous vous sentirez moins seule)
  • Crédibilité :5/5 (témoignages de recherche socio et anthropo + sources d’études, c’est un essai)

Féministe, c’est pire quand on est mère ?

Voici un tweet que j’ai lu :

 

 

Voici un billet que j’ai lu :

http://whatyoursilencesaid.wordpress.com/2014/08/26/ta-fille-en-rose-mon-fils-en-bleu

Voici ce que j’ai mis comme commentaire.

“Elles s’interdisent les “codes” garçon/fille de peur d’enfermer leur enfant dedans.”

Oui tout à fait moi.
Il reste tant à faire pour que l’égalité soit atteinte qu’il vaut mieux commencer tôt. Mon fils depuis qu’il est scolarisé m’en sors des conneries sexistes (et macho la plupart du temps). Oui je préfère qu’au parc les autres aient un doute sur le genre de mon enfant, cela lui donne plus de liberté.
J’ai subi et je subis tous les jours du sexisme, c’est quelque chose d’important pour moi de lutter.

Après je ne fais pas de remarques aux autres parents. Même ceux qui offrent du rose et des coeurs à leur fille et des mécano à leurs garçons et me disent “c’est un vrai petit mec/c’est est déjà une princesse”.

J’ai tenté de rester polie, parce que ce n’est pas mon blog et que quand je suis chez quelqu’un, j’essaie de bien me comporter. Et j’avoue que je ne comprends pas trop.

L’auteur du billet, Petit Bruit, appelle au troll en disant « jetez moi des cailloux » et exprime une opinion qui se veut disruptive avec la pensée générale.

Dans son billet, elle essaie, je crois, de dire que c’est tendance d’afficher son fils avec des attributs associés par la société patriarcale aux filles et qu’elle trouve cela ridicule, parce qu’enfin chacun fait comme il lui plaît, et que si d’autres parents veulent perpétuer cette société inégalitaire, ils ne doivent pas être jugés par les parents qui veulent changer le monde. (Comment ? Je suis partiale et subjective ? Orientée politiquement ? Hé bien, oui, tout  à fait.)

C’est oublier un peu vite que nous ne vivons pas chacun-e en autarcie sur notre île, c’est oublier que la société influence notre vision et que malgré les scandales comme le Code des Papas qui était censé aider les pères à habiller leurs enfants (sous-entendu, ils ne savent pas assortir des tenues, car ce sont des hommes) ou les bodys super-genrés de je ne sais plus quelle marque, qui qualifie les garçons de « courageux » et les filles de « gentilles », les enseignes commerciales même sur le web, séparent trop souvent en Filles/Garçons leurs rayons. J’en veux pour exemple un site web d’affiches plutôt jolies qui propose une sélection Filles et une sélection Garçons, pour des images, pardi !

Alors quand Petit Bruit ironise sur les mères féministes (je souligne que les pères ne sont pas dans ce sujet) :

Elle poste une photo de son fils qui joue à la poupée, qui passe l’aspirateur, qui se déguise en fée. Elle décrit sa fille qui adore jouer aux voitures, a eu un circuit pour noël ou veut se déguiser en pompier et parait tellement fière d’avoir échappé à Hello Kitty (ce suppôt de satan) (toute ressemblance avec des personnes existantes ne serait que pure coïncidence). On a l’impression qu’elles le portent en étendard, fières de ne pas mettre leur enfant dans les cases du genre. Si elles ont un garçon, il n’aura pas de petites voitures. Si c’est une fille, pas de rose dans sa garde robe. Elles s’interdisent les “codes” garçon/fille de peur d’enfermer leur enfant dedans.

Cela me hérisse le poil.

Je me reconnais parfaitement dans ce portrait. Si je me félicite d’avoir échappé à Hello Kitty, c’est plutôt en rapport avec la société de consommation qu’avec un engagement féministe. Pour le reste, oui, je porte en étendard le fait que nos choix éducatifs (le père) conduisent nos enfants à surpasser les stéréotypes de genre qu’on nous martèle à longueur de temps.

Nous sommes tellement assommé-e-s par ces clichés que nous ne les voyons pas. Il faut faire un effort pour remarquer qu’au rayon vêtements, il y a des tee-shirts fille avec des fronces aux épaules et une coupe plus étroite, tandis que les garçons sont limités aux couleurs vives (pas de pastel) et qu’on retrouve des motifs de voiture/pirate/chantier jusque sur des slips.

Entre le cerveau des enfants qui se développe de façon progressive et qui leur permet d’établir leur place dans la société, et les parents qui appliquent la surcouche de leur idéologie (féministe pour notre famille, stéréotypée pour d’autres), on n’a pas fini de se chercher des noises.
Concernant le développement de l’enfant, jusqu’à 6-7 ans (entrée en école élémentaire, donc), les enfants pensent que c’est l’apparence et l’activité qui fait le genre. Voir à ce sujet le merveilleux site aussi.ch qui répond aux questions des parents sur le genre. Quand on ajoute la vie en collectivité où l’enfant cherche sa place, on comprend que les garçons veulent prouver qu’ils appartiennent au groupe des garçons avec des pirates/chevaliers/voitures et les filles avec des princesses/poupées/animaux mignons.

Simplement, je crois que si nous faisons sans en parler, si nous n’affichons pas nos choix éducatifs qui visent à transformer la société, notre combat féministe pour que les humains soient considérés comme égaux quel que soit leur genre restera confiné à un cercle d’initiés.

 

En savoir plus :

Sur le développement de l’identité genrée chez l’enfant : http://www.aussi.ch/reponses/construction-identite-sexuee

Dès l’âge de 2 ans, un enfant est capable d’indiquer si une personne est un homme ou une femme, en utilisant souvent les mots «papa» et «maman».

À partir de 3 ou 4 ans, l’enfant introduit dans cette reconnaissance un lien de temporalité: quelle que soit la catégorie d’âge, il comprend qu’il y a d’un côté les garçons et les hommes, et de l’autre les filles et les femmes.

À cet âge-là, il est donc très important pour l’enfant de ne pas faire des choses qu’il étiquette comme faisant partie du sexe opposé, car il penserait alors que son sexe serait modifié.