Complément : bloc-note baby-sitter

Suite de ce billet : Les baby-sitters pour les parents, c’est le bonheur

Je retrouve une boutique qui vend des bloc-notes, dont un dédié au baby-sitter. Vu nos enfants actuellement, j’ai apprécié les cases « de gré » et « de force » sur la partie « Coucher ».

http://www.frech-avec-un-c.com/organiseurs.html

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La sieste de l’angoisse

Pendant que plein de jolis blogs font des récap de leurs meilleurs billets, ou encore vous offrent leurs meilleurs vœux, je live-tweet une sieste normale du week-end. Je fréquente, virtuellement, plein de parents engagés contre la VEO (Violence Educative Ordinaire), et j’avoue que je le comprends intellectuellement. En pratique, je ne vois pas comment éviter de gueuler, voire de laisser échapper une fessée face à des enfants qui ont plus d’énergie, d’imagination (ils font des bêtises que tu n’as pas su prévoir) et plus de répartie que toi.

Levy & Fils - 6549 - La sieste 2 b

Mère allaitante qui fait la sieste seins nus

Pour situer, les protagonistes sont :

  • Mère Geek, un parent solo, un peu fatigué par la naissance proche de son enfant de 3 mois
  • Fiston Geek, un enfant de 5 ans, plutôt grand pour son âge et plein d’imagination créative (temps de sieste habituel : 3h ou rien du tout mais sait rester calme)
  • Micropuce, une enfant de 3,5 ans, plutôt dégourdie pour son âge et pleine de fatigue (temps de sieste habituel : 1h30 minimum)

J’étais donc seule chez moi pour la journée jusqu’au goûter, environ, et j’avais prévu après déjeuner de mettre les enfants à la sieste, suivi de confection de Galette des Rois, puis d’un goûter en famille à tirer les Rois. Le déjeuner terminé, chaque enfant a eu droit à son lavage de mains, je change les draps de Micropuce qui a uriné dedans durant la nuit précédente. Les deux enfants se mettent chacun dans leur lit avec un livre.

Après expériences passées, j’évite de leur annoncer la suite du programme, sinon ils sont si excités et pressés qu’ils se relèvent pour savoir quand on fera le gâteau ensemble. Je leur dis juste que j’espère que Papa Geek rentrera pour le goûter qu’on prendra ensemble. Je baisse les volets à moitié et je vais sur le canapé prendre ma tisane post-prandiale, en donnant le sein à Bébé Geek.

2 chats en pleine sieste (7061080177)

Mes enfants tels que je voudrais les voir durant la sieste : dormant

J’entends Micropuce aller aux WC, et je me dis que « bon, elle a bien droit de se soulager, si elle pouvait éviter de faire pipi dans son lit à nouveau, ça sera toujours ça de pris« . Puis je les entends parler entre eux, ce qui n’est pas focément gênant pour moi. Je me demande quand même s’ils dormiront à un moment, vu leur état de fatigue. Je passe changer la couche du bébé dans leur chambre et en profite pour les re-calmer, leur rappeler que c’est la sieste, qu’ils ont intérêt à reprendre des forces pour le soir.

J’entends ensuite Fiston Geek aller aux WC, puis se laver les mains. Je ne m’inquiète pas outre mesure. Tant qu’ils sont calmes, s’ils ne dorment pas, c’est dommage, ils seront sûrement tout fatigués le soir, mais il suffira de les coucher plus tôt, me dis-je.

Et puis, 2h après les avoir mis à la sieste, je trouve l’énergie d’aller voir si je peux les sortir. Les lits sont vides, les enfants ont quitté leur chambre, ils sont dans la salle de jeu. Ils sont en train de jouer à faire la lessive : leurs contenants en dînette sont remplis de mousse à raser diluée avec de l’eau, et dedans trempent des jouets décomposés. Par exemple, les mini-tampons de toutes les lettres de l’alphabet (Hema) sont tous détruits et seule la partie lettre en gomme trempe dans le mélange. Leur salle de jeu est donc bien maculée, ainsi que la salle de bain. Le couloir entre ces deux pièces a échappé aux projections, par miracle.

Je m’énerve, je rapporte tout à la salle de bain, je les ramène dans leurs lits, je hurle sur eux que leur comportement est nul et que je suis super déçue. Je ferme complètement le volet et je les mets dans le noir. Je me retiens de crier des trucs que je risque de regretter par la suite. J’annonce que le goûter est reporté au retour de Papa Geek parce que je n’ai pas la force de m’occuper d’eux présentement. Je vais faire pipi, je rouvre la porte 3 minutes plus tard, ils sont déjà en train de tout rallumer et de rigoler. La colère me submerge, je crie à nouveau.

Papa Geek rentre 15 minutes plus tard, je lui expose brièvement la bêtise de la lessive par les enfants, il est furax. Après tout, c’est sa mousse à raser spéciale peau sensible de Body Shop qui est ruinée. Il va voir les enfants dans leur chambre et je l’entends gueuler sur eux : les enfants sont en train de nettoyer leur chambre avec les cotons à cul de bébé imprégnés de gel hydro-alcoolique. L’odeur est épouvantable, et les meubles vernis sont plus assez brillants pour être encore en bon état.

Bref, la sieste n’a pas été très reposante…j’ai hurlé sur mes enfants qui s’en fichent, pas pu dormir moi-même, et les bêtises enchaînées et non-réparables (destructions de jouets, des meubles, gâcher les produits de bébé) me gonflent.

Je retrouve le tweet de Papa Geek quand Fiston Geek avait 3,5 ans, Micropuce avait quelques mois, et qu’il était solo :

 

Anecdotes :

  1. Ce soir, Micropuce parce qu’on lui répond à table, se tourne vers son frère et lui dit « Tu vois qu’ils s’occupent encore de moi, en fait. » Légère envie de pleurer, le cœur gros pour moi.
  2. Et Fiston Geek qui avoue à son père que chez l’assistante maternelle, les volets sont fermés quasiment complètement, à la question « Pourquoi vous faites la sieste chez nounou et pas avec nous ?« 

J’en conclus qu’on est nuls en sieste…alors si vous avez envie de me dire pourquoi je ne dois pas mettre en place ma prochaine stratégie avant le prochain week-end (à savoir, commencer par leur gueuler dessus au début de la sieste, histoire d’avoir des enfants qui pleurent, déchargent leur énergie et finissent par s’endormir, et garder des jouets entiers, et des meubles en bon état), faites vous plaisir en commentaire !

Le meilleur pour mon enfant ?

Choupiechat explique sur son blog qu’elle n’a pas envie de couper son enfant de l’environnement culturel de ses pairs dans son billet « Je ne veux pas le meilleur pour mon enfant ».

J’ai déjà réagi via Twitter, mais j’avais envie de construire un peu plus mon propos sur le billet originel.

Mes parents m’ont élevée, il y a un peu de plus de 30 ans, sans TV, sans normalité, mais en m’emmenant au musée très souvent, en me faisant faire trouze mille activités, bref, l’équivalent de ces parents qui « veulent le meilleur » évoqués dans le billet. Sauf qu’ils m’ont laissée scolarisée dans le public. Je pense que les parents font comme ils peuvent, comme ils pensent que c’est bien, avec leurs moyens.

Miami Music Project - Flickr - Knight Foundation (10)

Ce qu’il est arrivé est que je me suis quand même intégrée socialement à l’école, j’ai eu des copines, copains et je n’ai pas souffert de préférer lire ou écouter de la musique plutôt que de regarder la télévision. D’ailleurs, j’allais parfois regarder la télévision chez les copains (je me souviens de Hit Machine, par exemple). Et à l’adolescence, le plus important était la musique ! On écoutait la radio tout le temps, on se faisait des compilations sur K7 audio qu’on ré-inscrivait grâce aux deux bouts de scotch. On demandait des CDs pour nos anniversaires à nos parents, tellement c’était cher. Les groupes étaient divisés à la récréation par les styles de musique qu’on écoutait.

Quoi qu’il en soit, aujourd’hui, je ne peux que remercier mes parents pour la culture que cela m’a apporté et l’ouverture d’esprit concernant les passions que peuvent avoir les gens qu’ils m’ont tranmise. Je me sens capable de discuter aussi bien avec un musicien passionné qu’un fana d’une émission de télé-réalité, parce qu’on m’a inculqué des valeurs humanistes, plutôt que consuméristes. Les gens sont plus importants que les choses est mon motto.

Headphone girl

A mon tour parent, j’élève mes enfants en couple, avec quelqu’un qui n’a pas eu autant de pression culturelle, dirons nous. Le père de mes enfants, s’il a eu une enfance privilégiée en termes d’accès à la culture et d’encouragements (quand tes parents ont le temps de lire, y prennent plaisir, c’est sûr que c’est moins loin pour toi de lire), n’a pas forcément cette envie de « pousser » nos enfants. Evidemment, nos pseudonymes racontent que nous n’avons pas peur de nous marginaliser puisque nous nous réclamons geek. Ce terme au départ pourrait se traduire par « fana » ou « fondu », et est employé pour les fondus d’informatique. Pour nous, et Papa Geek viendra me corriger s’il le souhaite, cette notion de geek rejoint l’idée qu’on est acteur et pas uniquement consommateur. Par exemple, pour nous, les jouets se réparent ou se démontent si besoin. On célèbre l’ingéniosité plutôt que la beauté. Il y a tout de même une valeur accordée à l’intellectuel, à la réflexion, et au fait de faire soi-même, de contourner, de hacker. Nous ne souhaitons pas nous contenter de ce qu’on nous propose, surtout en terme de divertissement. Nous n’avons pas de télévision chez nous, et en fait, on aurait pas trop le temps de la regarder. Donc nous n’avons pas peur de nous exclure et d’exclure nos enfants d’une partie de la culture de leur génération. (J’ai découvert des dessins animés grâce aux questions que j’ai posées sur Twitter, comme Dr La Peluche, Lulu Vroumette ou Minuscule).

Unschooling

Un exemple super simple qui pourrait concerner nos jeunes enfants : un costume se fabrique, on n’achète pas de déguisement tout fait. (C’est pas entièrement vrai, dans les faits, puisqu’un prochain cadeau au pied du sapin sera un costume du commerce, ahem). Les enfants ont naturellement cette tendance à transformer et à imaginer des nouveaux mondes, ce n’est pas un effort.

En tant que parent, est-ce qu’il faut se limiter à les inscrire au foot/judo et danse/natation ou est-ce que notre rôle est de les ouvrir à des nouveaux horizons afin qu’ils découvrent leur potentiel ? Est-ce important qu’ils soient valorisés et poussés hors de leur confort au détriment d’une identité de groupe ?

Pour continuer la réflexion, je vous invite à lire le billet « Eloge de l’enfant ordinaire » sur le blog Grandir près du châtaignier.

edit : amusant car je parlais déjà de ce sujet dans un autre billet, intitulé pareil

A la recherche du leggings enfant le mieux

Devant mon féminisme, les notions d’autonomie de l’enfant et de praticité gagnent parfois. Pour que mes enfants s’habillent seuls, je les laisse choisir leurs tenues. Ma fille, 3 ans et demi, est dans sa phase d’affirmation de son genre de fille. Cela signifie qu’elle veut « des jouets de fille », plébiscite les robes et tee-shirts à paillettes que lui ont gentillement offerts ses grand-mères, ravies de jouer à la poupée.

Bref, le matin, souvent le vêtement voulu, c’est la jupe ou la robe. Mon souci est que l’hiver lyonnais est froid, et il faut donc une couche de tissu sur les jambes des enfants. Les collants sont chouettes, sauf que c’est fragile et vite troué et qu’il faut tout ôter. Le leggins (ou caleçon moulant comme on appelait ça dans mon enfance) est un bon compromis : on met une culotte en dessous, épaisseur en plus sur les fesses, des chaussettes aux pieds, ce qui fait qu’on peut le porter plusieurs jours de suite, comme un pantalon. Et c’est plus facile à remonter après la pause toilettes que le collant.

Les leggings achetés au supermarché par lots de 3 ont eu les genoux troués rapidement, j’ai donc demandé sur Twitter où trouver les meilleurs leggings. Voilà que je me retrouve à voir des choses incroyables, voyez plutôt ce qui va suivre.

edit : je précise que je trouve ces leggings réussis et que si je n’avais aucune conviction féministe et un porte-monnaie géant, je les aurais immédiatement achetés tous pour gâter ma fillette.

 

Kiabi propose un legging Frozen.

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Legging Reine des Neiges, Kiabi – 7€

C&A propose un legging avec le bas doré pailleté

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Legging noir et doré, C&A – 9€

Et H&M me fait hésiter entre le legging Petit Poney et celui avec des chats aux genoux, quoique le legging Licornes est assez fabuleux aussi.

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Legging Petit Poney – H&M – 9,99€

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Legging chats aux genoux, H&M – 7,99€

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Legging motif licornes, H&M – 7,99€

Si tu as l’impression que je découvre le monde, que je ne vais jamais faire de shopping, dis toi que…c’est vrai. Acheter des habits est une chose que je fais une fois par semestre pour moi, et peu de fois pour mes enfants, car les merveilleux grand-parents aiment nous gâter. Souvent les grand-parents, en plus d’offrir manteaux et jolis vêtements, nous demandent les besoins et les tailles des enfants, et nous voilà avec 40 culottes pour Micropuce et 25 paires de chaussettes pour Fiston Geek !

Et ce qui arrivera sûrement pour ma fille, c’est que toute période « Fifille-rorose » qu’elle traverse, je vais lui prendre des leggings unis à 2,50€ chez Kiabi, en noir et peut-être en gris chiné…mais si je passe à H&M où je prends souvent des fringues de fête pour moi…qui sait si je ne me laisserais pas tenter par de la licorne ?

Les N choses que je fais depuis que j’ai des enfants

Après avoir lu le billet de Mlle Farfalle (LES 8 CHOSES AUXQUELLES J’AI DU RENONCER EN DEVENANT MAMAN) j’avais envie d’énoncer cette liste à l’inverse, en vous disant ce que je fais depuis que je suis mère.

Demander de l’aide

RIAN archive 1050698 Sergei Sobyanin visits N.Bauman tramway depot in North-Eastern Administrative District of Moscow
J’ai toujours eu une forte volonté d’indépendance, et je veux y arriver toute seule. Du coup, en ayant des enfants, après avoir profité de l’aide proposée gentiment et spontanément par les gens (souvent dans les transports en commun, ou au restaurant), j’ai fini par demander cette aide. J’ai fini par admettre que mes enfants faisaient partie de la société, que je n’étais pas seule à pouvoir les prendre en charge. Je reste responsable de mes enfants, bien entendu, simplement, je demande parfois de l’aide pour garder un oeil sur l’un pendant que je cours après l’autre, et corollaire : je propose mon aide !

Préparer des listes de jouets à l’avance

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Pour les fêtes de fin d’année et anniversaires, avec des grand-parents, oncles et tantes distants, c’est une logistique sans nom. Surtout que nous sommes assez exigeants et nous aimerions, dans l’idéal, éviter les jouets abrutissants. Pour aider la famille et les proches, je tiens à jour un tableur partagé dans lequel je liste les jouets pour chaque enfant et en commun qui sont adaptés à leur âge et qui trouvent grâce à mes yeux. Ainsi, quiconque me demande « qu’est-ce que je peux offrir à tes enfants ? » je peux envoyer un extrait de la liste. Le coup de génie est de garder les anciennes listes, afin d’avoir des idées des jouets à offrir pour les enfants des autres, qui seraient plus jeunes.

Préparer des menus

Gerard ter Borch - Die Briefschreiberin (Schwester Gesine)
Le truc économique et pratique au quotidien, c’est les menus planifiés. J’ai potassé le sujet, j’ai lu les recommandations PNNS, j’ai compulsé des livres de cuisine rapide, de cuisine pour enfants, je me documente régulièrement sur les blogs et avec des magazines de cuisine des nouveaux produits. Et surtout, je prends en compte les contraintes de ma famille : le temps qu’on a le soir pour cuisiner et manger, l’âge des enfants et leurs besoins nutritionnels, les goûts souvent limités des enfants et l’envie de manger des plats élaborés des adultes à mettre en balance. Bref, je planifie les menus de ma famille. J’apprécie de contrôler cette partie, mon conjoint apprécie de savoir quoi faire sans réfléchir si les ingrédients seront présents et de varier un petit peu les plats.
L’astuce la plus utile si vous voulez vous y mettre est de prévoir un jour-un plat toutes les semaines, comme le fameux « lundi c’est raviolis !« .

Apprécier mes sorties solo

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Mon besoin d’indépendance me conduit à fréquenter des personnes ou faire des activités qui ne sont pas toujours appréciées par mon conjoint. Qu’à cela ne tienne, je sors sans lui ! Et depuis que j’ai des enfants, j’apprécie encore plus les moments où je n’ai aucune charge d’enfant.

Me réjouir des fins de journée

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La fin de ma journée de travail coïncide avec les retrouvailles avec mes enfants. Ils sont jeunes et on dirait toujours qu’on s’est quitté pour un mois. La joie que j’éprouve à les revoir, malgré la fatigue, et même si elle fait place à de l’agacement plus tard dans la soirée, est réelle et ce moment illumine mes journées.

Plus de câlins

FEMA - 15308 - Photograph by Andrea Booher taken on 09-02-2005 in Texas

Evidemment, avec plus d’enfants, vient la conséquence : je fais plus de câlins. J’en donne, j’en reçois. J’avoue que c’est une des rares choses que je ne refuse pas à mes enfants. Je peux refuser de la nourriture, de l’attention parce que ce n’est pas le moment…mais un câlin ? C’est toujours le moment pour faire un câlin !

Lire des histoires à haute voix

Sans enfants, je lisais silencieusement, dans ma tête. Enfin, je peux mimer et parodier des voix que j’estime nobles ou ridicules pour totalement orienter l’histoire et rendre peureux, drôle ou méchant un personnage, à ma guise. J’aime beaucoup cette façon de transporter l’enfant dans ma vision de l’histoire, et je sais qu’ils aiment également et qu’ils s’attendent à ce que je reprenne la même voix pour le même personnage. Il est à noter certaines répliques hilarantes, et je décerne la palme au livre « Et moi ? » qui met en scène une famille de cochons, avec un bébé nouvellement arrivé et une grande soeur qui demande de l’attention. La grande soeur, Lolotte, fugue dans le jardin, et ses parents viennent à sa recherche. Ses parents parlent sachant que Lolotte les écoute, pour l’inciter à se montrer. La réplique qui me fait hurler de rire est pourtant à un moment de tension dramatique intense. Le père demande à la mère : « Tu ne dis rien ? A quoi penses-tu ? » Et la mère de répondre : « Je pense à mon gratin de raviolis dans le four. Celui que Lolotte préfère et qui refroidit car Lolotte n’est pas là pour en manger. » Je pique un fou rire nerveux à chaque mention de ce gratin de raviolis. Et c’est bon !

Evaluer la sécurisation d’un endroit au premier regard

Les compétences de parent-ninja qui augmentent tes réflexes pour rattraper un objet (fragile ou non) qui tombe d’une table s’accompagnent d’un regard circulaire englobant qui te permet de pointer toutes les zones de danger potentielles. Les câbles qui sont mal enfichés et que l’enfant aura envie de tirer ? Tu les vois. Les objets contondants et coupants, et fragiles, à portée de nain ? Tu les vois. Les coins d’étagère juste à hauteur de crâne d’un enfant ? Tu les vois. Auparavant, je n’accordais aucune importance à ces informations. Maintenant, même sans enfants, je vois ces détails.

Courir dans la rue, même en talons

Quand ton enfant échappe à ta main de fer, ou à ta surveillance et se précipite sur un pigeon, rat, papier de bonbon ou plume, tout en ignorant totalement la circulation automobile, tu cours pour sa vie. Que tu sois pieds nus, en tongs, en chaussures de running ou en escarpins, tu cours. Cela explique aussi pourquoi la plupart des professionnels de la petite enfance, des enseignants et des mère au foyer portent des chaussures pour courir. Evidemment, tu auras des points de côté, voire des chevilles foulées, parce que tu n’es pas pour autant sportive, cependant, tu oublies totalement ta tenue, ta grâce légendaire quand tu cours pour sauver la vie de ton rejeton.

Hurler en public en cas de danger

Pieter Huys - Woman Enraged
Autant je suis indépendante bornée, autant je suis discrète et aime passer inaperçue la plupart du temps (sauf quand j’ai préparé un joli costume de carnaval ou mis mon plus bel ensemble de soirée, disons). J’apprécie l’anonymat des grandes villes et d’avoir du monde autour de moi. Avec des enfants, j’ai appris à crier en pleine rue « STOP ! » ou leur prénom de manière à ce qu’ils entendent mes instructions. J’avoue que souvent, le soir sur le chemin du retour, il y a des portions où ils ont le droit de courir, pendant que je claudique, trimbalant mon sac à main lesté de toutes leurs affaires. La limite est toujours au même poteau mais parfois ils dépassent cette limite, tellement ils sont emportés par leur course, ou un danger survient au milieu et je veux qu’ils s’arrêtent. Je crie donc mon « STOP ! » sonore et tonitruant, et souvent, les passants me dévisagent, pensant qu’ils doivent s’arrêter eux aussi 🙂

Recadrer les enfants des autres

Et pour le coup, si je demande de l’aide aux autres, je n’hésite pas fournir de l’aide, et je me sens en partie responsable de l’éducation des enfants des autres. Si je vois des enfants se bagarrer, j’interviens, si je vois des enfants faire une bêtise, j’interviens. C’est souvent mal vu de s’adresser aux enfants des autres. J’ai l’impression que beaucoup de parents le prennent comme une critique à leur encontre. Comme par exemple, la fois où dans un Centre Commercial, j’ai empêché un enfant de 2 ans de rentrer seul dans une parfumerie. Sa mère était à 5m derrière et je ne l’avais pas vue, simplement, j’avais peur que l’enfant aille se perdre dans la parfumerie.
Personnellement, quand j’ai perdu de vue mon enfant de 3 ans dans les Halles de Lyon, j’aurais apprécié que les passants s’inquiètent de voir un enfant circuler seul !

Nous sommes des menteuses de mères en filles.

Si vous avez réussi à échapper à cette lecture, voici le lien 🙂

Je suis déjantée, mais je me soigne (ou pas)

Le burn-out maternel est le mal du siècle, nous disent les journaux. Les mères sont de plus en plus fatiguées, épuisées, au bout du rouleau. Tout le monde le sait. Ce sont vos amies, vos soeurs, vos cousines, vos mères, vos collègues de travail. Personne ne bouge. « Mais les hommes aussi sont touchés » me dit-on. Ah oui? Vraiment? Les 3% qui prennent un congé parental? Et le pire c’est qu’on est CONTENT que des hommes soient touchés, parce que ça veut dire qu’on AVANCE dans la répartition des tâches. Non mais vous vous rendez compte??? On finit par SOUHAITER que des types soient mal, au bord de la dépression, à pleurer chaque jour de leur vie ou presque parce que ce serait signe de PROGRÈS SOCIAL. Miam le progrès.

Parmi ceux qui ne bougent pas, les pouvoirs publics tiennent le haut du pavé. Surme… quoi? Burn… quoi? D’abord la loi…

Voir l’article original 2 216 mots de plus

Les baby-sitter, pour les parents, c’est le bonheur

A Muslim couple sitting wearing 3D goggles, Auckland - 0740

Parents qui vont au cinéma pendant que leurs enfants sont gardés.

Suite à un billet de Madame Sioux, j’avais envie de raconter notre expérience.

On a trouvé notre première baby-sitter en parlant autour de nous, et la première qui était venue, c’était la fille d’une assmat amie de notre assmat : elle était très bien pour la garde et portait mon prénom.
La première garde, nous étions au restaurant, parce qu’on peut répondre au téléphone au besoin.
Plutôt jeune (15 ans), elle avait nourri notre fils de biscuits parce qu’il refusait ses légumes, après avoir pris conseil par tél auprès de sa mère (original mais…pourquoi pas, tant qu’il n’a pas faim en se couchant) et surtout l’avait habillé de pied en cap pour dormir…sans lui changer la couche.
Bref, on a fini par la remercier parce qu’elle n’a jamais changé une couche, et on avait mal au coeur que notre petit bout de 10 mois (ça c’est pour me vanter d’avoir confié tôt mon enfant pour sortir) ait les fesses qui marinent.

Pierre-Auguste Renoir 019

Parents qui vont danser pendant que leurs enfants sont gardés


Ensuite, c’est en parlant avec d’autres parents que nous avons obtenu le précieux sésame (numéro de téléphone et prénom) qui nous a fait rencontrer notre baby-sitter actuelle. Elle était (elle a changé de voie) étudiante infirmière, aînée de 7 enfants et très très expérimentée (c’est son job étudiant exclusif).

Ce que j’ai fort apprécié, c’est qu’elle est venue un soir, pour nous rencontrer, et rencontrer les enfants. Elle est restée pendant le bain, et le repas, et est partie juste après le coucher. C’était incroyablement « professionnel », et elle a observé et noté notre style de parentage, je pense.
Nous sommes sortis rassurés, et en rentrant, elle nous a indiqué qu’elle leur avait chanté des chansons pour les coucher (génial). Petit à petit, les enfants l’apprécient de plus en plus, car elle vient régulièrement et ils font des choses différentes d’avec nous, comme regarder des petits dessins animés le soir.

Kimbo Kissing Carolyn rszd

Parentes heureuses d’avoir laissé leur enfant en garde pour se balader, tout simplement.


Le seul regret que j’ai est de n’avoir pas demandé son régime alimentaire au début, car j’ai appris sur le tard qu’elle ne mangeait pas de viande…cela n’a pas posé beaucoup de problème car nous mélangeons rarement viande et légumes, sinon les enfants retrient, mais j’imagine qu’un soir ou deux, on a pu laisser une quiche lorraine pour le repas.
On essaie au plus qu’elle n’ait pas le bain à donner, et c’est de moins en moins vrai, car elle apprécie le bain qui calme complètement les enfants en cassant le rythme.

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Parents qui peuvent enfin rigoler, maintenant que leurs enfants sont gardés.

Sachez qu’il arrive fréquemment que les baby-sitters aient des ami.e.s à proposer si elles ne sont pas disponibles, donc tentez votre chance.

Bref, une fois qu’on a trouvé, voici mes astuces :

  • laisser une feuille avec les routines du soir (genre : heure habituelle, doudou+ tétine) et les numéros à joindre en cas d’urgence (penser à mettre l’adresse de votre logement, si elle devait faire venir les pompiers, par ex). Pleins de conseils sur le site Femmes débordées sur quoi dire à la baby-sitter.
  • se réjouir avec les enfants de sa venue : les parents vont sortir et être heureux et les enfants aussi
  • prévoir un repas facile à réchauffer, si jamais elle veut manger après les enfants
  • dégager le coin confortable du salon, comme le canapé
  • vider le lave-vaisselle, pour qu’elle puisse tout mettre dedans
  • mettre en évidence les pyjamas et doudous (sur les lits)
  • mettre en évidence les livres préférés des enfants
  • dire à la baby-sitter où on va ; soit le quartier, soit le type de sortie, tout simplement qu’elle sache qu’en cas d’urgence, si on est au cinéma, qu’elle nous contacte en dernier car on risque de ne pas décrocher, ou qu’on peut venir vite, si on sort pas loin.

Encore une fois des conseils sur le site Femmes Débordées sur le choix et vos obligations de parents.

Et une fiche mémo sur le site des Super Parents à laisser chez vous.

Il en existe plusieurs en anglais, trouvées via Pinterest avec les mots clefs « Baby sitter notes »

Puériculture : pas de tapis d’éveil

Baby Toys on FloorJ’inaugure une série de billets sur la Puériculture.

Avant d’avoir des enfants, j’ai toujours été très DIY et récupe. J’aime dépenser mon argent, comme vous. Je déteste engraisser des multinationales. Alors j’essaie d’éviter d’acheter des trucs non-indispensables.

 


 

On n’ a jamais eu de tapis d’éveil. Mais alors ? Comment a-t-on fait ?

Ребенок лежит на манеже

Hé bien, on mettait une couverture polaire (rapide à sécher après lavage et douce) au sol. Dessus, on disposait des jouets qui faisaient du bruit ou avec une texture sympathique. Et nos bébés n’étaient pas dépaysés quand on était en vadrouille, parce qu’on utilisait les mêmes jouets et la même couverture. L’avantage de la couverture polaire, c’est son fond uni, parfait pour réussir les photos de bébé.
Du coup, quand des futurs parents me montrent les beaux tapis d’éveil, parfois fait-main, je trouve cela merveilleux, et en même temps, je ne comprends pas à quoi cela sert.

Alors pourquoi n’a-t-on pas acheté de tapis d’éveil ?
On voulait pourtant que nos enfants soient éveillés. Les affaires de puériculture prennent beaucoup d’espace. Dans un logement de taille restreinte, il faut ranger ton tapis d’éveil quand l’enfant n’est pas au sol. La couverture, tu la replies, et tu peux même t’en servir toi. – Avant de trouver ça dégoûtant, je précise que le soir, tu t’en sers, mais le matin, tu files une autre couverture, propre, à ton bébé. Parce qu’autant le tapis d’éveil est coûteux, autant la polaire non, et tu peux donc en avoir plusieurs, de tailles différentes.

On n’avait pas non plus d’arche au dessus du bébé. Nos pauvres bambins regardaient le plafond uni, ou leurs mains, ou le visage de leurs parents.

 

Le coucher avec notre Micropuce (2 ans)

Hier soir, le coucher de Micropuce a été typique du coucher pénible (pour les parents) qui te gâche ta soirée.

Micropuce finit de dîner, il est 20h00. Elle se lève et débarrasse ses couverts dans l’évier, s’essuie la bouche et les mains. On lui ôte son bavoir et je l’accompagne à la salle de bains pour se laver les mains et les dents. Il est déjà 20h15 au moment où on se lave les mains ensemble. Puis on se lave les dents.

Micropuce était déjà en pyjama avant de passer à table, elle va donc choisir l’histoire du soir, et je passe le relais à Papa Geek. (En fait, on échange d’enfant, puisque je vais m’occuper de Fiston Geek).

Je suis en train de lire l’histoire au Fiston Geek sur le canapé du salon, quand je vois débarquer, après l’avoir entendue hurler 20 minutes, en sueur et ébourriffée, la Micropuce qui veut Maman.

Je la câline et la renvoie dans sa chambre. Elle ne bouge pas d’un pied. Le Papa Geek arrive pour la rapatrier dans son lit. J’entends des hurlements, je couche Fiston Geek, qui s’endort très vite, crevé qu’il est.

Je me prépare pour mes ablutions du soir sur fond sonore de « Je veuuuux Mmaaaaaammmmaaaaan ». Je finis par céder et aller voir dans la chambre, je prends Micropuce des bras de son père pour lui faire un câlin. Au moment où je m’apprête à la déposer dans son lit, elle hurle : « je veuuuuuuux papaaaapaaaaa ». Le père la reprend et je fonce me doucher sur fond sonore de hurlements. Puis je vais me coucher et je vois arriver 20 minutes plus tard, Papa Geek. Il est 21h à ce moment.

Du coup, ce qu’il faut savoir :

  • Micropuce est une couche-tôt, son heure, c’est 19h30, manque de bol, c’est en général l’heure où on se met à table (en rentrant à 19h chez nous…logique).
  • On a donc toujours couché Micropuce plus tôt que son frérot jusque là.
  • C’est le seul bébé que j’aie vu, et je ne suis pas du tout experte, dire « dodo » depuis qu’elle sait signer, quand elle est fatiguée.
  • En ce moment, cette petite abandonne les couches pour aller sur les poilettes faire pipi/caca/whatever, et elle est pressée d’aller à l’école, comme son grand frère.
  • Elle dort en bas du lit superposé, dans la même chambre que son frère. Cela peut poser des soucis quand elle braille et explique notre hâte à la rendormir.
  • Micropuce est sujette aux réveils en mode « terreur nocturne », ces derniers temps. Si elle se réveille vraiment, elle finit par débarquer dans le lit parental et dormir…sur sa mère !
  • On veut surtout que le coucher ne mette pas deux heures, se fasse dans le calme et qu’on aie la sacro-sainte Heure des Parents ensemble sans enfants.
  • Pour le frère, on avait testé « tu vas te coucher quand tu veux, on ne s’occupe plus de toi à partir de 20h30 », et il avait 3 ans passé. En quelques jours, il avait compris que l’heure des parents n’était pas un truc pour les enfants, et allait se coucher rassuré.

William-Adolphe Bouguereau (1825-1905) - Song of the Angels (1881)
Voici les propositions qui m’ont été faites, suite à mon appel sur Twitter :

  1. Frite en mousse sous le drap : mettre une frite pour contenir un peu l’enfant dans son lit et le rassurer.
  2. Coucher autonome (la laisser rester avec nous) : laisser l’enfant vaquer, il finira par s’endormir par terre.
  3. Matelas par terre dans notre chambre : le cododo en mode enfant, et plus en mode bébé.
  4. Coucher sur notre lit et on la recouche dans le sien après : la laisser s’endormir dans notre odeur, pour la déplacer endormie après. Avantage : coucher séparément les enfants.
  5. Pot dans la chambre : éviter les levers pour aller au pot le soir pendant 2h.
  6. Guirlande lumineuse avec minuteur et au lit quand la lumière s’éteint
  7. Temps dédié à Micropuce avec minuteur : utiliser le minuteur pour consacrer un vrai moment avec ses deux parents à l’enfant
  8. Petite lampe de poche ou veilleuse perso : laisser l’enfant jouer avec sa lumière, pour le rassurer durant la nuit

Et vous, avez-vous des astuces à partager ? Des expériences à tenter ?

[livre] Bébé Made In France, Pamela Druckerman

Le livre Bébé Made in France est à la croisée de deux de mes centres d’intérêts, les différences culturelles et l’éducation parentale. Je viens de le terminer.

Au vu du 4ème de couv, je m’attendais à un ouvrage très drôle, je n’ai pas ri, et il m’a fait réfléchir. L’auteure est mère et relate, de son point de vue d’Américaine tout ce qui fait la spécificité de l’éducation française. Ses remarques sont étayées par des études scientifiques, dont les références sont données, et elle approfondit ses découvertes par des entretiens avec soit des spécialistes (pédiatres, psychologues, sociologues, puéricultrices), soit son entourage (parents et enfants).

C’est très intéressant de voir de l’extérieur nos automatismes. Par exemple, les Français, et je l’avais déjà remarqué au travail, accordent de l’importance et du temps au repas. Les repas sont pris à heures fixes, toute la famille autour de la table et comportent tout le temps un arrangement de type entrée-plat-dessert. On fait goûter à tout, et on ne force pas non plus à avaler des plats trop éloignés des mets simples (carottes vapeur). Son récit de la réunion de planification des menus pour le trimestre, comportant le repas de Noël, de la crèche est un régal.

Certains travers français sont pointés du doigt, comme le peu d’importance donné à l’allaitement, et d’autres habitudes sont considérées par Pamela Druckerman comme des bienfaits, par exemple, laisser aux enfants le temps de grandir, sans rentrer dans la compétition immédiate (exemple : les Bébés Nageurs n’apprennent pas à nager).
Le chapitre sur l’école est également fort intéressant, et malheureusement pas assez développé, peut-être parce que ses propres enfants ne sont pas encore bien vieux à l’époque d’écriture de ce livre ?

Je vous recommande donc ce livre.

Note :

  • Education : 3/5 (on apprend peu mais ça met en relief des choses)
  • Humour : 4/5 (amusant sans rire à voix haute)
  • Intérêt : 5/5 (la différence culturelle, et on apprend des choses sur l’éducation américaine au passage)
  • Crédibilité : 5/5 (témoignage personnel + sources)