Féministe, c’est pire quand on est mère ?

Voici un tweet que j’ai lu :

 

 

Voici un billet que j’ai lu :

http://whatyoursilencesaid.wordpress.com/2014/08/26/ta-fille-en-rose-mon-fils-en-bleu

Voici ce que j’ai mis comme commentaire.

“Elles s’interdisent les “codes” garçon/fille de peur d’enfermer leur enfant dedans.”

Oui tout à fait moi.
Il reste tant à faire pour que l’égalité soit atteinte qu’il vaut mieux commencer tôt. Mon fils depuis qu’il est scolarisé m’en sors des conneries sexistes (et macho la plupart du temps). Oui je préfère qu’au parc les autres aient un doute sur le genre de mon enfant, cela lui donne plus de liberté.
J’ai subi et je subis tous les jours du sexisme, c’est quelque chose d’important pour moi de lutter.

Après je ne fais pas de remarques aux autres parents. Même ceux qui offrent du rose et des coeurs à leur fille et des mécano à leurs garçons et me disent “c’est un vrai petit mec/c’est est déjà une princesse”.

J’ai tenté de rester polie, parce que ce n’est pas mon blog et que quand je suis chez quelqu’un, j’essaie de bien me comporter. Et j’avoue que je ne comprends pas trop.

L’auteur du billet, Petit Bruit, appelle au troll en disant « jetez moi des cailloux » et exprime une opinion qui se veut disruptive avec la pensée générale.

Dans son billet, elle essaie, je crois, de dire que c’est tendance d’afficher son fils avec des attributs associés par la société patriarcale aux filles et qu’elle trouve cela ridicule, parce qu’enfin chacun fait comme il lui plaît, et que si d’autres parents veulent perpétuer cette société inégalitaire, ils ne doivent pas être jugés par les parents qui veulent changer le monde. (Comment ? Je suis partiale et subjective ? Orientée politiquement ? Hé bien, oui, tout  à fait.)

C’est oublier un peu vite que nous ne vivons pas chacun-e en autarcie sur notre île, c’est oublier que la société influence notre vision et que malgré les scandales comme le Code des Papas qui était censé aider les pères à habiller leurs enfants (sous-entendu, ils ne savent pas assortir des tenues, car ce sont des hommes) ou les bodys super-genrés de je ne sais plus quelle marque, qui qualifie les garçons de « courageux » et les filles de « gentilles », les enseignes commerciales même sur le web, séparent trop souvent en Filles/Garçons leurs rayons. J’en veux pour exemple un site web d’affiches plutôt jolies qui propose une sélection Filles et une sélection Garçons, pour des images, pardi !

Alors quand Petit Bruit ironise sur les mères féministes (je souligne que les pères ne sont pas dans ce sujet) :

Elle poste une photo de son fils qui joue à la poupée, qui passe l’aspirateur, qui se déguise en fée. Elle décrit sa fille qui adore jouer aux voitures, a eu un circuit pour noël ou veut se déguiser en pompier et parait tellement fière d’avoir échappé à Hello Kitty (ce suppôt de satan) (toute ressemblance avec des personnes existantes ne serait que pure coïncidence). On a l’impression qu’elles le portent en étendard, fières de ne pas mettre leur enfant dans les cases du genre. Si elles ont un garçon, il n’aura pas de petites voitures. Si c’est une fille, pas de rose dans sa garde robe. Elles s’interdisent les “codes” garçon/fille de peur d’enfermer leur enfant dedans.

Cela me hérisse le poil.

Je me reconnais parfaitement dans ce portrait. Si je me félicite d’avoir échappé à Hello Kitty, c’est plutôt en rapport avec la société de consommation qu’avec un engagement féministe. Pour le reste, oui, je porte en étendard le fait que nos choix éducatifs (le père) conduisent nos enfants à surpasser les stéréotypes de genre qu’on nous martèle à longueur de temps.

Nous sommes tellement assommé-e-s par ces clichés que nous ne les voyons pas. Il faut faire un effort pour remarquer qu’au rayon vêtements, il y a des tee-shirts fille avec des fronces aux épaules et une coupe plus étroite, tandis que les garçons sont limités aux couleurs vives (pas de pastel) et qu’on retrouve des motifs de voiture/pirate/chantier jusque sur des slips.

Entre le cerveau des enfants qui se développe de façon progressive et qui leur permet d’établir leur place dans la société, et les parents qui appliquent la surcouche de leur idéologie (féministe pour notre famille, stéréotypée pour d’autres), on n’a pas fini de se chercher des noises.
Concernant le développement de l’enfant, jusqu’à 6-7 ans (entrée en école élémentaire, donc), les enfants pensent que c’est l’apparence et l’activité qui fait le genre. Voir à ce sujet le merveilleux site aussi.ch qui répond aux questions des parents sur le genre. Quand on ajoute la vie en collectivité où l’enfant cherche sa place, on comprend que les garçons veulent prouver qu’ils appartiennent au groupe des garçons avec des pirates/chevaliers/voitures et les filles avec des princesses/poupées/animaux mignons.

Simplement, je crois que si nous faisons sans en parler, si nous n’affichons pas nos choix éducatifs qui visent à transformer la société, notre combat féministe pour que les humains soient considérés comme égaux quel que soit leur genre restera confiné à un cercle d’initiés.

 

En savoir plus :

Sur le développement de l’identité genrée chez l’enfant : http://www.aussi.ch/reponses/construction-identite-sexuee

Dès l’âge de 2 ans, un enfant est capable d’indiquer si une personne est un homme ou une femme, en utilisant souvent les mots «papa» et «maman».

À partir de 3 ou 4 ans, l’enfant introduit dans cette reconnaissance un lien de temporalité: quelle que soit la catégorie d’âge, il comprend qu’il y a d’un côté les garçons et les hommes, et de l’autre les filles et les femmes.

À cet âge-là, il est donc très important pour l’enfant de ne pas faire des choses qu’il étiquette comme faisant partie du sexe opposé, car il penserait alors que son sexe serait modifié.

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13 réflexions sur “Féministe, c’est pire quand on est mère ?

  1. J’ai aussi lu cet article. Comme toi je pense, je suis contente quand Surprise joue avec son poupon. Par contre, je ne me vois pas lui interdire les petites voitures pq c’est un mec. Je crois que c’est plutôt ça que Petitbruit « dénonçait ». (enfin.. je l’ai compris comme ça en tout cas.)
    Par contre j’exècre les discours type « ça c’est un jouet de garçon/defille » et « ah c’est un vrai petit mec, courageux et tout » « ah c’est une vrai petite fille, coquette et tout »

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    • Je crois que ce qui me gêne dans son billet, c’est la condamnation de la représentation picturale ou écrite des actions féministes. Je veux dire qu’elle ne dénonce pas, selon moi (et je l’invite à intervenir si je suis dans l’erreur), le libre choix des jouets ou l’encouragement à jouer avec des jouets qui ne sont pas dans le genre admis. Elle dénonce la publicité qu’on en fait. Et pour moi, cette publicité est importante.

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      • j’avoue avoir lu assez vite son article.
        Je suis tout à fait d’accord avec les arguments d’Elise. (et je trouve ça aussi très dommage, (et moyen niveau crédibilité) de la part de Petits Bruits de ne pas répondre aux commentaires….

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      • Elle y répond, mouais. Curieusement elle répond à tous sauf au mien. Ne répondre qu’aux coms qui vont dans son sens, je n’appelle pas ça ouvrir le dialogue. Enfin bon, puisque tout le monde a l’air d’accord avec le fait que les féministes voient le mal partout et empêchent leurs enfants de se réaliser…

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  2. Plusieurs choses m’ont dérangées dans le billet que tu cites.

    1) Manifestement, cela irrite PetitBruit que certaines mères clament être fières que leur fille se déguise en pompier ou publient une photo de leur fils en train de passer l’aspirateur. Elle parle d’étendard que ces mères agitent (entre les lignes, je lis presque qu’il s’agit d’une sorte d’instrumentalisation des enfants à des fins politiques ou pour promouvoir les principes éducatifs des parents). Je trouve cela assez injuste. Que penser des mères qui postent des photos de leur enfant au sein, pour promouvoir l’allaitement (je pense par exemple au #BoobsLactés de Maman Youpie, dont je suis fan)? Que penser de PetitBruit elle-même qui poste des photos de son fils pratiquant la DME en le surnommant « Monsieur Autonomie »? Que penser des mamans qui postent des photos des tenues de leurs enfants, comme si c’était de mini blogueurs mode?
    C’est oublier que tous les parents qui bloguent, tweetent, facebookisent et/ou diffusent leurs photos promeuvent (inconsciemment ou non) leur mode de vie et leurs principes éducatifs.
    Maintenant, la question que je me pose, c’est pourquoi une photo de bébé au sein avec l’intention affichée de promouvoir l’allaitement agace moins qu’une photo de petit garçon déguisé en princesse avec l’intention affichée de dire qu’on s’en cogne des diktats du genre?

    2) PetitBruit ne présente que des positions caricaturales: soit on brandit l’étendard du féminisme en refusant que notre fils joue aux petites voitures, soit on habille notre fille en rose intégral 365j dans l’année. Cela représente une infime minorité de parents. Je ne connais AUCUNE mère qui interdise à son fils de jouer aux voitures pour le faire cadrer dans ses convictions féministes.
    Ne citer que les extrêmes contribue juste à renforcer un antagonisme qui au final, n’existe pas tant que ça. Et attiser une guerre qui n’a pas lieu d’être puisqu’au final, on poursuit tous les mêmes buts: faire en sorte que nos enfants soient bien dans leurs baskets.
    Dans l’article, cette caricature de mère anti-genre ne fait que renforcer le mythe (parce que pour moi, ça tient du mythe) de la mère féministe qui transforme les petits garçons en filles et les filles en petits garçons.
    Le féminisme n’a, à ma connaissance, jamais encouragé les mamans à habiller les garçons en rose ou à leur faire porter des cartables à paillettes. ça, c’est une idée puante qui vient directement de la Manif pour Tous. C’est le genre d’arguments que Boutin et compagnie avancent pour décrédibiliser les idées féministes: « ben tant que vous y êtes, déguisez les petits garçons en fées! »

    3) Je lis également un procès d’intention qui sort de je ne sais où. PetitBruit annonce « pourquoi serait-on moins féministe parce qu’on aime voir son fils porter du bleu? » MAIS JAMAIS PERSONNE N’A DIT CA!!! Déjà, qui a dit qu’il existait une échelle du féminisme? Et qui, à quel moment, a sorti un truc du genre « oulala, ton garçon est en bleu, c’est pas très féministe, ça! » Perso, je ne l’ai jamais lu nulle part. Et je ne m’amuse pas à compter les points de féminisme quand j’échange avec une personne. J’ai des amies qui le sont clairement moins que moi, mais JAMAIS il ne me viendrait à l’idée de leur balancer des cailloux en criant « bouh, t’es pas féministe! » C’est serait débile! Donnons-nous vraiment cette impression de jugement, juste en postant des photos de garçons qui passent l’aspirateur?
    Même moi, j’ose à peine me considérer comme une « vraie » féministe. Parce que je vois bien que je n’ai pas poussé la réflexion aussi loin que certaines personnes, comme Anne-Charlotte Husson par exemple. J’ai l’impression de faire de l’égalitarisme à la petite semaine. Mais je fais ma part, humblement, pour lutter contre ce que je considère comme des préjugés toxiques.
    La seule chose que je me sois permise de faire, c’est d’ajouter « et pourquoi pas pour les filles aussi? » lorsqu’une personne rendait publique une sélection « pour petits mecs » ou « et les petits princes, ils peuvent pas y jouer? » lorsqu’un blog a publié une photo de cuisine DIY « pour nos petites princesses ». Là oui, j’ai estimé que je devais ouvrir ma gueule. De la même manière que j’ouvre ma gueule lorsqu’un passant balance un détritus par terre ou qu’une personne sort le mot « bougnoule ». Les mots ont du poids, ils véhiculent des idées, ancrent les clichés. Et « pour petits garçons »/ »pour petites filles », ça ne fait que cultiver une ségrégation que je ne trouvent pas justifiée. J’aimerais juste que les parents se rendent compte de ça.

    4) Quand PetitBruit pose les questions « Et si on respectait juste nos enfants, sans se prendre la tête sur ce que la société pense ou dit? Si on leur donnait juste confiance en eux, en leurs capacités, indépendamment de leur sexe ou de la façon dont on les habille? Si on était juste à leur écoute, tout simplement? », cela sous-entend que ce n’est pas ce que nous faisons déjà. Et là, je trouve ça injuste. Et inutilement polémique.
    Pourquoi sous-entendre que parce qu’on défend des idées égalitaristes, on n’est pas à leur écoute? Depuis quand avoir des convictions fortes empêche d’être à l’écoute de son enfant? Depuis quand est-ce le gage d’être un parent castrateur, qui se cantonne à faire rentrer son enfant dans son moule idéologique, sans considération pour ses goûts ou sa personnalité?
    Mon fils est fan de voitures. Cela nous étonne avec son père parce que nous ne l’avons jamais spécialement encouragé dans cette passion (tout simplement parce qu’on ne s’intéresse ni l’un ni l’autre à la mécanique). Elle est née comme ça, en dehors de notre foyer, probablement chez la nounou. Qu’avons nous fait? Avons-nous bridé cette passion juste parce qu’elle est stéréotypée et que merde, ça va à l’encontre de notre combat contre les diktats sociaux? Ben non, on a été à l’écoute de notre enfant et on lui a offert des voitures.

    5) En fait, je pense que c’est ça, le noeud du problème: le fait que les idées féministes en matière d’éducation finissent par s’afficher ouvertement (trop régulièrement aux yeux de certains). Que des parents étalent des photos pleines de filles en tutu rose avec des serre-têtes HelloKitty ou s’extasient sur leur « vrai » petit mec qui a demandé une mini-moto pour Noël, ça ne dérange personne. Par contre, dès que tu mets en avant autre chose (une fille en pompier, un garçon qui aime les petits poneys), ça agace. Pourquoi? Je pense que c’est simplement parce qu’on a tellement baigné dans ces clichés filles-garçons qu’on les accepte. Et dès qu’on propose un autre modèle, on donne peut-être l’impression de remettre en cause toute l’éducation des autres. C’est une hypothèse. Je n’en sais rien à vrai dire, je cherche encore pourquoi cela déclenche une telle irritation.

    6) Ce que je trouve dangereux aussi, c’est de minimiser la puissance des clichés sociaux et l’influence du marketing sur le développement des enfants. Tu en parles un peu dans ton article. Que les mamans habillent leurs enfants en rose ou en bleu, je m’en fiche, ce n’est pas mon affaire (mon fils est d’ailleurs régulièrement habillé en bleu, pour la bonne et simple raison que ça fait ressortir la couleur de ses yeux). Par contre, je trouve dommage d’ignorer que ces codes couleurs ne sont que des conventions sociales (qui datent seulement des années 80, cf les travaux de Jo Paoletti à ce sujet : http://www.theguardian.com/lifeandstyle/2014/apr/22/gendered-toys-stereotypes-boy-girl-segregation-equality), et qu’en tant que conventions, elles sont arbitraires, pourraient être inversées, ou mieux, disparaître, sans que cela change la surface du monde. De puis, derrière tout cela, il y a des enjeux financiers énormes : séparer garçons et filles, ce n’est pas protéger leur identité sexuelle, c’est surtout vendre plus de jouets avec des couleurs et des packagings différents!
    C’est aussi pour ça que les bodies à frou-frou me gavent : parce que ce sera moins facilement prêtable pour un bébé garçon. Or quel intérêt d’acheter 20 000 trucs à chaque fois, juste parce qu’on a un enfant de sexe différent du précédent?

    7) Je trouve également extrêmement dommage que PetitBruit ne réponde pas aux commentaires qui sont laissés sous son article. Elle dit le faire sur Twitter. Mais en 140 caractères, comment développer une argumentation sans sabrer/raccourcir et donc au final, éviter de donner une vision caricaturale de son propos? ça équivaut à tuer le dialogue dans l’oeuf. Elle invite aussi à le faire par mail. Soit. Mais lorsqu’on rend un texte public sur son blog, la moindre des choses est d’accepter la discussion sur ce même support, histoire de faire avancer la réflexion publiquement.

    Bref, je trouve ça extrêmement dommage de creuser, à travers cet article qui se voulait un appel à la tolérance, un fossé qui n’a pas lieu d’être. Tout ce qu’on veut tous, nous, parents, c’est que notre enfant soit bien dans ses baskets. On emploie simplement des méthodes différentes, on s’appuie sur des principes et des convictions différentes. Et on fait tous de notre mieux, avec en arrière-plan notre éducation, notre vécu, notre formation intellectuelle.

    (voilà, désolée pour le long commentaire…)

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  3. Raaa ben zut, tu veux que je redécoupe et que je reposte tout? 🙂

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  4. Mais j’ai pas échappé à Hello Kitty moi, merde.
    Mon fils ainé a eu sa période, et sa bento box toute kawaï…

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  5. Ce qui me semble problématique dans ce post de blog (celui de PetitBruit, pas le tiens), c’est qu’elle pose comme équivalents les deux comportements (approche « tradi » avec filles en rose et garçons en bleu d’une part, approche « moderne » ou l’on inverse les rôles de l’autre) en se plaçant au centre, du côté d’un bienveillante neutralité où on laisserait les enfants choisir « tout simplement ».

    Sauf que bien sur ça n’est pas aussi simple, parce que l’environnement dans lequel nous évoluons n’a rien de neutre. Si on laisse les enfants livrés à eux même , ils reviendront de l’école la tête farcie de vieux stéréotypes de genre bien rances. Et apprendre aux enfants à questionner ces clichés ça n’est pas neutre, c’est encore un geste militant indispensable si l’on veut que les choses changent. Si on souhaite réellement voir ses enfants « faire leurs propres choix », encore faut-il qu’ils sachent qu’il ont effectivement le choix dans leur tenue, leurs jeux etc… et c’est encore bien loin d’être le cas.

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    • je pense qu’elle s’est mal exprimée 😀 il fallait lire « laisser choisir les parents, tout simplement ». Nous sommes les modèles de nos enfants.
      Par ailleurs, je suis dans la même idéologie que toi.

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